Voila une interessante interview de PB...
Des projets ?Oui.
Bien sûr !
Outre des monologies (je sais, le mot n’existe pas, mais j’ai le droit de l’utiliser. Mon éditrice appelle ça une licence d’auteur…) destinées à des lecteurs plus jeunes que ceux d’Ewilan, je me suis lancé dans deux gros projets que je mène de front depuis presque un an maintenant. Deux trilogies.
(Psssst, c’est là qu’on entre dans les scoops)
La première trilogie s’appellera (sauf ultime transformation) l’Autre. Le premier tome, le Souffle de la Hyène, sortira le 13 juin prochain. Il s’agit d’une histoire fantastique qui n’a rien à voir avec Ewilan ou avec de l’heroic fantasy. Plus sombre que mes précédents romans, un rythme plus rapide, des créatures maléfiques, des héros résolus, de l’amour, de la trahison, des pouvoirs étonnants et, surtout, difficiles à contrôler… le tout pour un public peut-être un peu plus âgé que celui d’Ewilan. Dans quelques semaines, Emma vous offrira certainement le premier chapitre. Inattendu, c’est dans le Souffle de la Hyène que certaines questions que vous vous posez sur Ewilan (ou plutôt sur Salim !) trouveront des éléments de réponses. Non, non, je ne deviens pas fou, je sais ce que j’écris. L’Autre n’a rien à voir avec Ewilan et pourtant… N’insistez pas, je n’en dirai pas davantage !
Il faut du temps pour écrire un livre.
D’abord des mois à écrire sans écrire. Comprenez-moi, j’entends par là, construire l’histoire dans sa tête, veiller à sa cohérence, savoir quel personnage fait quoi, où, quand, comment et, surtout, pourquoi. Préparer mentalement les scènes importantes qui jalonneront l’aventure. Planifier l’intrigue. Penser à tout ! Des mois et des mois.
Pour illustrer mes propos, rien ne vaut un exemple : Je vous révèle un peu plus haut que je me suis lancé dans l’écriture simultanée de deux trilogies complètement différentes. Et bien, je sais déjà ce qui se passe dans chacun des six tomes qui composent ces deux aventures, même si je n’écrirai le dernier que dans deux ans (au minimum).
Bon, un jour l’histoire est prête et on se met devant son ordinateur pour l’écrire. Cela prend plusieurs mois quand il s’agit d’un projet ambitieux et je ne compte que le temps de création. Vient ensuite le temps de la correction, en partenariat avec l’équipe éditoriale. Un travail minutieux et contraignant autant qu’exaltant et profitable. Encore de longs mois. Puis vient le temps de la mise en page, du lissage du texte pour que la lecture soit la plus fluide possible, avant qu’arrive enfin le temps de l’impression et de la diffusion… (inutile de vous moquer : la répétition du mot « temps » dans ce paragraphe est volontaire).
J’ai imaginé le Souffle de la Hyène il y a deux ans, attaqué son écriture il y a plus d’un an, les derniers fignolages s’achèvent à peine.
Il est toutefois possible, et même nécessaire, d’alterner les phases de création et les phases de correction. J’aurais dû commencer le deuxième tome de l’Autre il y a six mois mais j’ai préféré sortir des sentiers battus et me lancer un défi : mener de front deux projets lourds !
À peine rendue à mon éditrice la première version du Souffle de la Hyène, je suis reparti en Gwendalavir.
Non ! Ne vous emballez pas, je n’ai pas parlé d’Ewilan, j’ai juste dit Gwendalavir ! C’est un univers que je connais comme ma poche et sur lequel je pourrais disserter pendant des heures. Un univers et des personnages. D’ailleurs, parmi tous les personnages qui ont suivi la Quête puis arpenté les Mondes, un me touche plus que les autres. Une plutôt, puisqu’il s’agit d’Ellana.
Ellana.
Qui est-elle vraiment ? D’où vient-elle ? Quelle fut son enfance ? Pourquoi est-elle devenue marchombre ? Que fut sa formation ? Comment obtint-elle ses griffes ? Quel rôle joua son maître ? À quoi sert la poésie marchombre ?
On pourrait multiplier les questions par dix, obtenir les réponses et continuer à ne rien savoir d’elle tant Ellana est mystérieuse.
Il lui fallait sa trilogie.
Je crois que j’ai pensé à écrire sur Ellana dès sa première apparition dans D’un Monde à l’autre. Une idée qui a germé tranquillement, une trilogie que j’ai peaufinée en douceur. Encore des mois (des années dans ce cas-là) à imaginer, rêver, combiner, supposer, essayer, reprendre… sans écrire le moindre bout de phrase.
Lorsque la saga d’Ewilan s’est achevée, je me suis consacré au Souffle de la Hyène puis, l’histoire d’Ellana étant bien claire dans mon esprit, je me suis mis à l’écrire. C’est ainsi qu’est né le premier tome du Pacte des Marchombres. Un grand moment de plaisir pour moi. De découverte aussi et d’approfondissement. Ce premier tome sortira sans doute cet automne.
Je l’ai achevé depuis quelque temps déjà, ce qui m’a donné la possibilité de retrouver les personnages de l’Autre avec un vrai bonheur, et de me lancer dans l’écriture du deuxième tome…
Vous voyez, je ne chôme pas. Je pourrais mentir en vous disant que je souffre, que créer est une déchirure, un tourment que je m’inflige uniquement dans l’espoir de vous faire lire, que mes romans sont arrosés par mes larmes de désespoir… Fariboles !
Je me régale, je jubile, je ris, je pleure (ça inquiète parfois un peu ma famille…). Plaisir immense de l’écriture, renforcé par un espoir lié à une certitude :
Quand plaisir d’écriture et plaisir de lecture se retrouvent autour d’un même livre, l’univers des possibles se pare d’un voile de magie.
À bientôt pour de nouvelles aventures !