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 Raid Aline - LA PERLE DE LA DAME

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Séléna
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MessageSujet: Raid Aline - LA PERLE DE LA DAME   Sam 31 Mai 2008 - 1:20

Bien, après y avoir songé longtemps, voici la première partie de l'intro...
La suite demain... DODO!

Les hommes d’Alvin, à présent sérieux, marchaient en silence dans le soleil couchant qui faisait miroiter les gouttes d’humidité comme des braises encore chaudes sous le souffle du vent.
Semblable à une procession de fourmis ployant sous un fardeau pesant et invisible, les pirates avaient parcouru des lieues sous les rayons ardents d’un soleil de midi, sous le foehn chaud et sec de l’après-midi et enfin, sous un soleil mourrant du soir, qui, enfin, laissait la plaine brûlée se rafraîchir.
Les animaux sortaient de leurs tanières, de leurs terriers, de leurs galeries, la vie semblait reprendre.
Les oiseaux, ayant la gorge moins sèche, entonnaient des airs gai et rapide, alternant les allegros et les pianos, semblant se moquer de la chaleur à présent lointaine.
Tous semblaient récupérer leur énergie, même ces fourmis marchaient à présent le dos droit et la tête haute et leurs discussions reprirent.
Si l’on avait pu s’éloigner du sol pour avoir une vue panoramique de la plaine, d’un point de vue encore plus élevé que les tours d’Al’Vor, peut-être aussi haut que le Vigie, on aurait pu voir deux groupes de fourmis : un grand d’environ dix individus devant et un petit de cinq ou six derrière.
Ils ne se voyaient pas entre eux et d’ailleurs, même les gardes depuis leur tour d’observation, en haut des remparts de la ville commerciale, ne les voyaient pas.

À la tête du premier groupe, on pouvait voir un grand homme, vêtu d’un manteau bleu raffiné et décoré de broderies azure. Il avait une chemise blanche à col, contrairement aux autres hommes et était coiffé d’un chapeau tricornu noir dépourvu de plume. Ses cheveux étaient élégamment noués en catogan entre sa nuque et ses omoplates par un ruban noir également.
Il portait à son ceinturon un sabre d’abordage à son côté gauche et deux poignards à son côté droit. De sa botte, on voyait sortir le manche d’une arme à lancer...
Derrière lui discutaient deux jeunes hommes d’une vingtaine d’année, presque identiques en tout point, mis à part une petite différence de taille et le type d’arme qu’ils portaient sur eux.
Le plus grand, nommé Katuma, portait dans son dos un sabre frontalier, probablement volé, ainsi d’un petit coupe-gorge, dissimulé sous un blouson de cuir de siffleur.
Il avait charmante allure !
Des cheveux courts et blonds dressés en piques vers l’arrière sur sa tête (suivant une technique de marin consistant à faire sécher ses cheveux mouillés d’eau de mer, ce qui permettait aux cheveux de se raidir), une visage fin et de couleur de peau assez claire, presque orangée, un petit nez, une bouche fine et délicate qui souriait à son frère à l’instant, une frimousse angélique pour un corps d’athlète, de battant.
Des muscles fins, semblant onduler comme des corps de serpents sous la peau, dessinant une silhouette tout à la fois fine, gracieuse, belle –il faut l’avouer, puissante et robuste.
Son voisin, comme je le disais, en tout points pareil, portait lui des habits moins cuirés.
Une fine chemise de coton, un bandeau vert et large à sa taille fine auquel était accroché des kunai et des shuriken, ainsi que des petites piécettes de métal dentelées.
À son large pantalon kaki étaient accrochés, par la ceinture, deux poignards, à la cuisse un petit couteau (au manche presque indifférenciable de la lame) et un tanto (petit petit frère du katana ^^ ).
Il portait une veste qui cachait encore d’autres armes lançables.
Ses poignets étaient protégés par deux bandes de cuir dont le dessus du bras était renforcé par des petites rondelles d’acier.
Son chargement de guerre avait quelque peu fait rire le capitaine, qui lui avait demandé pour combien de temps il comptait se battre, mais celui-ci lui avait répondu par une de ses moues favorites : ” – Mieux vaut prévoir que mourir !“
Sur ceci, le capitaine ne répondit plus rien, mis à part un hochement de tête significatif.
Son apparence physique différait de celle de son jumeau par deux choses : ses cheveux étaient de couleur châtain-clair, mais parsemées de mèches grises, une plaisanterie de mère nature qui lui allait cependant à merveille, et sa musculature, plus adaptée aux acrobaties et aux projections d’armes.
Il parvenait à ”décomposer“ le vol d’une flèche en généralement trois étapes :
pendant la première, il voyait l’archer bander son arc ; il dégainait une arme – chose aisée, car il ne pouvait qu’avoir l’embarras du choix, à la deuxième étape, la flèche partait et presque simultanément, le projectile partait lui aussi.
Pendant la troisième étape, et là résidait tout son secret, son arme heurtait la flèche, et suivant l’angle d’impact, ne faisait que dévier le tir sur une cible ”adéquate“...
Katuma estimait beaucoup son frère Takawa et surtout, admirait sa technique miraculeuse...
Ensuite, suivait le joueur de flûteau, comme on le surnommait.
Il avait un visage presque rond et assez efféminé, un nez fin et assez long, des yeux en amande couleur ambre et des cheveux noirs corbeau, toujours détachés, avec des reflets bleus.
S’il habitait dans notre monde cruel, on l’aurait traîté de zingaro, car sa peau était légèrement mate et car il avait une allure de bohémien.
Il avait une voix assez aigue, ce qui lui valait aussi le surnom de l’androgyne.
Cependant, sans ce magicien du vent, le Thyphon ne serait pas arrivé si tôt à la Crique...
Il possédait un don immense, mais qui avait uniquement emprise sur les éléments gazeux...
Il pouvait par exemple transporter sans toucher des objets, mais ne créait pas à proprement parler de la matière, mis à part le vent...
Il y aura assez de temps plus tard pour te parler des six autres, car je sens que tu veux de l’action...
Le temps de raconter tout cela et voilà que le groupe de forbans est déjà arrivé au dernier dos d’âne avant la ville...
Derrière celui-ci, les remparts d’Al’Vor écrasaient les environs d’une ombre noire et allongée.
Le soleil était sur le point de disparaître et ne baignait plus que les deux tours d’observation de ses rayons.
Les gardes en poste s’en plaignaient d’ailleurs à cet instant même...

Que l’arrivée soit programmée à cette heure par ruse de fin stratège ou simplement par chance n’était pas très important, ce qui comptait était que le moment était rudement bien choisit pour faire à la course la dernière ligne droite qui séparait les Alines de la ville, dont la herse dentée se fermait déjà pour la nuit, empêchant quiconque de rentrer dans la ville...
Ou presque...
Car les Alines ont leur propre entrée...

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Perso n°2: le capitaine Alvin (Aline)


Dernière édition par Séléna le Mar 19 Aoû 2008 - 22:19, édité 1 fois
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Séléna
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MessageSujet: Re: Raid Aline - LA PERLE DE LA DAME   Lun 9 Juin 2008 - 20:40

Par expérience, les pirates savaient que le meilleur moment pour entrer dans la ville, sans éveiller les soupçons des gardes, étaient les quelques minutes suivant la fermerture des portes.
Car c’était à ce moment-là que changeaient les tours de garde et que les soldats en poste la journée faisaient leur rapport oral à ceux de la nuit, qui prendraient le relais en deux groupes.
Ces échanges de paroles étaient assez longs et assez distrayants pour que l’on puisse tenter une course dans l’obscurité tombante jusqu’à l’entrée Aline d’Al’Vor...
Alvin, un œil fermé et une longue-vue à trois lentilles grossissantes à la main gauche, scrutait les tourelles.
Enfin, il vit quatre corps armés au lieu de deux ordinairement, à chaque point de surveillance.
Il saisit vivement la garde décorée de fioritures et de dorure de son sabre d’abordage, le dégaina rapidement, ce qui produisit un bruit de métal se frottant à un autre métal, celui de l’étui, et leva le bras.
À ce signal, tous les hommes se levèrent, s’ils étaient assis, ou se préparèrent à courir, s’ils étaient debout.
Les expressions sur les visages étaient très variées : du sourire carnassié au regard troublé et appeuré. Seul les deux jumeaux s’échangaient encore des mots.
D’un geste lent, mais sûr, le capitaine tendit sa lame face à Al’Vor, comme s’il voulait l’atteindre.
Le signal était donné.
Les chiens de chasses étaient lâchés sur le gibier, qui, de pierre, ne remarquait rien...

§§§


Arrivés tout essoufflés devant un arbuste insignifiant, les pirates s’arrêtèrent en faisant cercle autour d’on ne sait trop quoi.
Certains se tenaient les côtes à l’endroit où un point leur était apparu. Ceux-ci étaient exposés aux regards sévères et secrètement inquiets de leurs compagnons.

Le capitaine demanda d’une voix autoritaire, mais reconnaissante à Bertoul de faire ce qu’il y avait à faire.
Le jeune homme acquiéça d’un signe de tête et fronça les sourcils en regardant le sol.
Visiblement, il se concentrait.
Soudain, une lumière sembla s’allumer dans ses yeux. Une étincelle de Volonté et de résolution.
Les larges manches de sa longue cape se gonflèrent, ses cheveux semblèrent se soulever, les muscles de sa figure se crispèrent au niveau des tempes...
Soudain, le sol fit des bruits de racines arrachées et d’éboulement de terre puis, brusquement comme une porte qui claque, une rondelle de terre d’au moins un demi-mètre d’épaisseur et un mètre de diamètre se souleva, laissant passer un vent extrêmement puissant, qui fit presque tomber les hommes qui se tenaient tout près de cette porte souterraine. Bertoul, au premier rang, ne s’en émotionna même pas.
Il ne bougea pas, lui qui ayant prévu cet effet s’était penché légèrement en avant.
Ses yeux brillèrent de Pouvoir et de contentement et des grosses pierres bouchant l’entrée de la galerie souterraine ainsi que des souris sortirent en volant du trou pour aller s’écraser avec fracas et couinements un peu plus loin.
Alvin lui donna une tape amicale et congratulative dans le dos tout en lui avouant son admiration :
” – Soulever ce couvercle pesant au moins cent kilos uniquement avec la force du vent est vraiment vertueux de ta part, tu m’épates !
- Merci, dit le jeune homme d’une voix réservée.“

Bertoul avait retrouvé sa timidité naturelle tout en ayant épaté toute la galerie par son don exceptionnel du Dessin.
Takawa, lui, le fixait ébahi et admiratif. Ce Dessinateur lui ressemblait. Son art évoluait aussi dans les airs.
Il applaudit discrètement et les deux hommes échangèrent un regard complice.
Alvin sortit rapidement de la poche intérieure de son manteau un petit poignard à manche et lame représentant un dragon. Le manche étant le corps de la chimère couchée et la lame sa queue ondulée. C’était en quelque sorte une flambe miniature.
Ensuite, avant de s’avancer dans la sombre galerie, il demanda à un homme de sortir les torches qu’il portait dans son sac.
Celui-ci les prit rapidement et les donna à ses camarades qui le remercièrent.
Il y en avait six, environ une pour deux personnes. Alvin le regardait faire.
Cet homme chauve, à tête ronde et gouflue, aux yeux gris acier avait la taille impressionante d’un bœuf.
Il était aussi grand que large et aussi gros que musclé.
Tout chez lui inspirait le respect et la distance.
Il avait une grosse hache de combat derrière son dos qu’il portait comme le sac des torches, en bandouillère.
Il était coiffé d’un cabasset sommaire, qui ne le faisait en rien ressembler à un pirate, mais plutôt à un troll coiffé d’une casserole.
L’organisation de son visage lui donnait une mine à faire fuir les chats.
Ses sourcils fins se rejoingnaient presque à la naissance de son nez, il étaient incurvé comme les ailes d’un faucon. Son visage était bien marqué par ses joues et son petit nez large et presque plat.
Il portait un petit écus de bois, comme ceux que l’on utilise pour décorer les bateaux.
Une fois la distribution faite et que toutes les troches, seule source de lumière une fois à l’intérieur, furent allumées, Alvin commença :
“ – J’ai quelques consignes à donner : premièrement, obligation de ne pas traîner dans la galerie, quoi que vous voyez, on avance coûte que coûte, car sinon, entre les flammes et vous-même, nous manqueront d’air, car Bertoul va refermer l’entrée une fois dedans…
Deuxièmement, je veux que vous me suiviez et que personne ne me dépasse, je pense que c’est logique, mais je le précise.”
Il regardait un à un ses hommes dans les yeux.
“ - Troisièmement, je vous demande de ne pas vous armez maintenant, l’endroit où nous arriveront ne sera aucunement dangereux, je devrai juste donner une petite rémunération à notre passeur… Vous le rencontrerez sous peu… Ceci, dit, je pense que l’on peut y aller, Bertoul, va à l’arrière pour refermer la porte !” conclu le capitaine.


La traversée fut rapide, tout au plus cinq minutes, le boyau du souterrain s’était élargit considérablement au fil du temps et des passages et , seul détail troublant, des crânes et des armes rouillées jonchaient le sol ça et là…
La terre laissa place aux pierres à un certain moment, bien que la forme ronde du tunnel soit conservée, et ils arrivèrent devant un mur, qui empêchait de continuer.
Et c’est là que pour les nouveaux, le plus étrange intervint.
Un murmure de désapprobation monta dans l’air.
Le capitaine demanda à deux personnes d’éteindre leur torche, ce qui accentua la rumeur.
Il demanda ensuite qu’on lui donne quatre autres torches, les restantes, et les déposa dans deux torchères, qui étaient fixées à même la pierre.
Tous les hommes n’étant jamais venu s’étonnaient et ne comprenaient pas ce qui se passait.
La confusion s’emplifia davantage lorsque la parois aux torchères pivota sur elle-même, les laissant dans le noir complet, face à un mur de pierre nue et grise.
Alvin demanda le silence, puis la voix d’une personne d’un certain âge s’éleva dans l’air :
“ – Mot de passe, vous’plaît…
Sylphide, mon cher Barbe-blanche… C’est Alvin avec dix hommes environ, ouvre-nous s’il te plaît…”

On entendit un grognement affirmatif, puis la porte coulissa sur le côté grace à un fabuleux système d’engrenages et un peu de Dessin, et les marins entrèrent dans une cave à vin, presque vide, exeptés quelques gros tonneaux couchés sur des supports géants.
La pièce était vaste, mais tout en longueur, il y avait de la place que pour trois hommes en largeur et l’on pouvait bien entreposer six chevaux dans le sens de la longueur.
Elle était toute de pierre en gros blocs et le plafond était peint en blanc. Des toiles d’araignées et des processions d’insectes témoignaient de la propreté…
Le vin, néanmoins, était très propre et d’excellente qualitée !
Cet endroit devait servir de cache lors des courses poursuites aves les autorités.
En tenant compte que le passage secret dans le mur menait par des galeries souterraines hors de la ville, c’était une construction formidablement ingénieuse.

La voix qui avait répondu appartenait à un vieux borgne, l’œil bandé avec un foulard rouge à dessins bleux. Les cheveux blancs, longs, mal coiffés. Son œil valide semblait dire aux nouveaux venus : vous m’emmerdez !
Et il le leur transmit.
Sa voix, bien qu’elle n’était plus transmise à travers un mur était toujours une sorte de grognement rauque qui sortait d’une forêt emmêlée de barbe mi-blanche mi-grise.
Il accompagna le groupe d’hommes, qui avaient récupéré leurs torches – sorte de signal pour dire que l’on venait en ami de s’infliger l’obscurité de la galerie avant de se faire ouvrir, si le mot de passe est correct, ou de retourner de là où l’on revient si l’on y parvient, si on ne s’annonce pas bien – vers le fond du sous-sol.
Il y avait une trappe au plafond, qu’il ouvrit vers l’intérieur et chercha une échelle pour rejoindre l’étage de la chaussée.
Cela donnait sur l’arrière salle d’un bar Aline.
Le tenancier salua les hommes un peu plus chaleureusement que le vieillard, serra la main au capitaine, regarda éblouit ses hommes, forts, imposant et beaux, pour certain.

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MessageSujet: Re: Raid Aline - LA PERLE DE LA DAME   Mer 25 Juin 2008 - 14:06

Ils ne restèrent pas longtemps dans le bar. Bien vite, il sortirent, sous le regard de quelques hommes et de deux filles de joies très jolies, qui méritaient le détour, même s’il fallait s’aventurer dans les ruelles les plus sombre d’Al’Vor et s’exposer à des dangers pouvant coûter plus qu’une bourse, ce qui les arrangeait bien, elle pouvaient ainsi vivre presque une vie de femmes ”normale“…
Il faisait nuit à présent et les ruelles étaient plongées dans une obscurité totale, ce qui permis aux pirates d’avancer sans problème.
Les rues à Al’Vor étaient rarement éclairées de nuit.
De temps en temps, on entendait des battement d’ailes, des cliquetis, qui faisaient tourner la tête aux Alines, puis on se rassurait, ce n’était qu’un vol de corneilles.
Celles-ci criaient dans la nuit de leur voix rauque et discordante leur inquiétude en voyant cette procession armée défiler dans les rues…
La seule source de lumière était ce croissant de lune argenté dans le ciel et la lumière ondulée et ombragée qu’émettaient les fenêtres.
Une heure plus tôt, peut-être, ils étaient encore à l’extérieur des remparts et le soleil les réchauffait…
À présent, ils arrivaient dans la rue principale, la plus belle, et cherchaient une autre ruelle sombre pour les dissimuler, le dernier dédale, le plus invisible possible, pour rejoindre la propriété de l’analyste…
Alvin ne marchait plus devant, les pirates formaient un groupe compacte et bien défendu, rien ne pouvait leur arriver à présent.
Il franchirent la dernière ruelle, arrivèrent devant un portail en fer forgé noir, haut et aux formes pointues et sinueuses comme des serpents et des dagues, l’examinèrent.
Là, Jango s’avança et prit la relève.
Il examina attentivement et d’un air professionnel de dessous sa cape l’allure de la serrure, la solidité du portail, l’état de ses gonds et le bruit qu’il produirait en s’ouvrant , puis il dit :
“ – Je propose le bon vieux plan de secours… La serrure est si facile à forcer que le vieux escrot a pensé à mettre une alarme ! Le portail est si rouillé qu’on pourrait l’entendre à l’autre bout de la ville !“ dit-il, ironique et comique, comme à son habitude.
Il fut le premier à montrer l’exemple : il jeta sa sacoche de l’autre côté du mur, ignorant ce qu’il s’y trouvait.
Il se hissa ensuite sur le mur à la force de ses bras, s’assit deux secondes à califourchon, respira à fond et l’enjamba…
Il atterit souplement, en évitant les buissons épineux qui étaient plantés tout du long.

Une fois de l’autre côté, il déclara :
” – Suivant ! À qui le tour ? “ Sa voix était toujours aussi confiante et aucun danger ne semblait se trouver au-delà du muret d’enceinte…
Ce qui était vrai... Il n'y avait aucun garde, ni même un chien!
Un silence nocturne envahissait la maison...

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MessageSujet: Re: Raid Aline - LA PERLE DE LA DAME   Lun 18 Aoû 2008 - 23:24

Les hommes passèrent de l’autre côté tour à tour. Cela prit une minute.
Une fois dans la cour, ils commencèrent à repérer les lieux, à se concerter.
Pour s’attaquer à un vieil homme, c’était exagéré, mais il ne devait pas y avoir de dérapage.
De plus, ils comptaient ramener le vieillard avec eux, au cas où il parlerait ou s’il y avait besoin d’un argument pour sortir de la ville…
Celui-ci habitait une magnifique maison, qui contrastait de sa luxurieuse architecture avec les autres habitations qui l’entouraient. Celles-ci avaient les murs lézardés et des plaques de plâtre gisaient à leurs pieds.
Au contraire, la résidence de Béryl possédait en outre un magnifique jardin fleuri qui dégageait un doux parfum fruité.
L’herbe était courte, les arbustes taillés en boule ou en cône et leur couleur sombre se détachait sur la façade plus pâle de la maison.
On ne voyait pas les couleurs, mais les fleurs avaient des formes et des teintes très variées, on aurait pu se croire en pleine prairie, sûrement le fruit du Dessin.
Le tout était très bien entretenu et admirablement arrangé.
Le groupe avança sur l’herbe, pour ne pas faire de bruit avec le gravier.
Un sentier caillouteux aménagé menait à une villa magnifique, posée au fond d’un jardin fleuri.
Des pierres, immenses, hautes d’environ un mètre chacune, croissant en taille et en distance au fur et à mesure que l’on approchait de la demeure, bordaient le chemin.
À leurs pieds s’épanouissaient des plantes grimpantes et de petites fleurs aux pétales refermés.
La maison avait tous ses volets fermés. Des volets en bois, peint en bleu avec des motifs en fleurs jaunes, aux fermetures en fer.
Une toiture, soutenue par deux colonnes, abritait l’entrée. On y accédait par deux marches en bois. Toute la maison était en pierre taillée, mis à par les volets, les fenêtres et les tuiles d’ardoise noires aux reflets violacés.
Il y avait plusieurs façons possibles d’accéder à l’intérieur de la maison, bien gardée par des dessins d’alarme :
Une gouttière partait du toit et finissait au sol. Elle était fixée au mur par des plaquettes en fer assez solides pour que l’on s’aide du tuyau pour grimper le long du mur. L’eau était récupérée dans un seau posé à son embouchure.
Une autre possibilité était de se hisser à la fenêtre du premier étage et de forcer les volets, mais si l’on se retrouvait dans la chambre à coucher, cela serait l’échec de la mission.
Une dernière possibilité était de se propulser sur une des pierres, puis sur un pilier, puis du pilier sur le toit, grâce à un long bâton ( le ta pei dao de Katuma, par exemple, bâton avec une lame au bout).
Alvin lui proposa cette solution. Cette façon de procéder lui permettrait de regarder à travers les volets une fois sur les piliers pour voir l’emplacement des chambres et s’y introduire discrètement.
Le jeune homme donna sa veste à son frère jumeau, qui lui sourit en jetant la veste sur ses épaules. Katuma découvrit des bras fins et musculeux, qui semblaient avoir attrapé des prises sur la roche brute et tenu des armes depuis toujours. Il désangla son ta pei dao de son dos et s’élança silencieusement vers les roches, laissant le groupe de pirates à l’entrée du jardin. Sa course produisait un léger bruit de terre battue, qui ne troubla pas le calme environnant.
Il fléchit tout à coup ses jambes, semblant s’accroupir, puis s’élança, sa lance dans son dos, bien au-dessus de la roche. Il atterrit en produisant une dégringolade de petits gravillons, qui allèrent s’ajouter à ceux du sentier, comme par magie. L’alarme n’avait pas encore été donnée, mais il comprit qu’il allait devoir être plus souple aux prochains atterrissages.
Il s’aida de son ta pei dao pour atteindre les blocs de pierres suivant, émettant un régulier toc produit par le pied de la lance.
Il s’élança dans la nuit sur le toit qui abritait l’entrée, puis de ce toit au balcon à colonnes qui entourait le premier étage.
Il espionna à travers les fentes des volets et repéra de la sorte trois gardes.
Cela l’inquiéta un peu. Personne ne devait normalement savoir qu’ils allaient venir. Il saisit la poignée de son katana, comme le fait de le savoir dans son dos le rendrait invincible, puis traficota le volet, qui s’ouvrit en émettant un bruit très caractéristique du vieux volet.
Entendant cette mélodie très peu harmonieuse et traîtresse, il fît signe à ses compagnons de se dissimuler derrière les grosses pierres, chose déjà faite, car seules des pointes de flèches déjà parées pour une volée débordaient des massifs rocheux. Il sourit mentalement au bon sens de son capitaine.
Katuma, lui, s’éclipsa sur le toit, prêt à découper la tête du garde qui par manque de prudence pourrait dépasser le bord de la fenêtre pour voir s’il y a une présence sur le toit. Il en verrait une, pour sûr, mais ce serait la dernière qu’il verrait de sa vie !
Son plan fonctionna à merveille. Le garde, trop curieux, se fît décapiter sans un râle, tandis qu’un bruit sourd avertit ses compagnons que quelque chose de lourd était tombé. Ceux-ci allèrent près de la fenêtre et découvrirent la dépouille.
Une volée de flèches les cueillit. Tous mort. Cependant, il y eut un gargouillement qu’un gromellement d’Alvin réprimanda au mauvais tireur.
Katuma leva le pouce en signe d’approbation et Alvin le lui rendit. Il se glissa dans les ténèbres de la maison de Béryl, qui en homme âgé, dormait encore, se fiant aux gardes, désormais mort.

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MessageSujet: Re: Raid Aline - LA PERLE DE LA DAME   Mar 19 Aoû 2008 - 22:43

Alvin lui avait indiqué où il devait chercher en priorité et s’il ne s’était pas trompé, la boussole contenant la perle de la Dame serait de retour au bercail sous peu de temps.
Cependant, puisqu’une garde rapprochée avait défendu la maison, Katuma trouva judicieux de ne pas s’enfuir sans demander son reste : il fallait malheureusement, réveiller le vieil homme et l’emmener avec l’équipage, comme otage et taxe de douane si un régiment les empêchait de quitter la ville.
Il allaient devoir cependant s’en débarrasser assez tôt, car il ne serait pas bon de faire découvrir les passes secrètes des Alines à un Analyste réputé et donc dangereux.
Il pensait à cela pendant qu’il se dirigeait vers une petite commode en chêne, avec des tiroirs sous clé, dont l’un d’eux contenait l’objet précieux.
Il repensa à toutes les ruses généralement utilisées : double fond, fausse parois, encastrement de l’objet dans une alcôve à cet effet.
Puisqu’il avait à faire à un Dessinateur, autant faire preuve d’imagination et méditer à toutes les solutions.
Il ouvrit sans peine un premier tiroir, fermé à double tours, cachant des lettres cachetée par le Seigneur d’Al’Vor, des annonces et des propositions de quêtes par l’Académie. Au fond du tiroir, sous un tas de feuilles vierges, une loupe était posée sur un billet, l’encadrant, semblable à une note, qui représentait une chaise.
Il tâta les cloisons de tous les tiroirs, vérifia à chaque fois s’il n’y avait pas de fourberie, puis se résigna : à part ce mystérieux croquis, rien d’utile.
Il se retourna et aperçut une lumière descendant les marches d’un escalier, au fond du couloir.
Il soupira discrètement : il n’avait pas besoin de cette intervention !
Il se dissimula dans sa cape, qu’il tira jusque sous son nez et se mimétisa dans l’ombre d’une armoire.

“ – Je sais ce que tu cherches ! affirma une voix chevrotante, mais douce, dénudée de reproches. Ce n’est pas ici que tu le trouveras.”

Surpris, Katuma se tut, mais laissa échapper un hoquet de surprise, que son interlocuteur sembla ne pas entendre.

“ – Cette boussole nous a donné et nous donne du fil à retordre, mais nous trouverons son utilité un jour… Pour toi, le voyage s’arrête ici, mon jeune homme.”

Il leva la main qui tenait le bougeoir et la flammèche de la bougie grandit jusqu’à former une boule de feu avoisinant la taille d’un bocal à poissons rouges.
Elle fusa vers le visage du pirate, évitant les obstacles (lustre, armoire et bibelots), mais rencontra au dernier moment une résistance…
Elle vacilla, puis s’éteignit. Un homme, au visage en rond, aux yeux en amande et aux cheveux noirs bouclés, portant une large robe apparut sur le rebord de la fenêtre.
C’était Bertoul, le Fils du Vent, qui avait mouché la flamme. Il fixa droit dans les yeux le vieillard, puis des mèches de ses cheveux se soulevèrent, comme éléctrisées. Le vieillard sembla perdre son équilibre et s’assit dans le vide, trente centimètre au-dessus du sol.

“ – Pour toi, Analyste Béryl, il vient de commencer ! Tu vas premièrement apprendre à voler. ”

Il accompagna la parole du geste, et l’homme accéléra vers la fenêtre ouverte, que Bertoul laissa libre en descendant dans la pièce.
Avant de prendre la sortie (aérienne), le vieillard sembla nécessaire de se défendre. Il tenta d’anéantir le dessin du joueur de flûte, mais il échoua :

“ - Tu as l’avantage de l’âge, mon garçon, mais j’ai celui de l’expérience !”

Il lâcha le bougeoir, qu’il tenait encore, le jugeant parfaitement inutile à présent que le vent artificiel était devenu tel, qu’allumer un feu aurait été une idiotie, et il se concentra. Derrière ses yeux clos et ses sourcils broussailleux, sous son bonnet pyjama, naquis un dessin génialement astucieux : un Gommeur apparût de nulle part. Il tomba par terre, sans se faire de mal, souplement même, pour son âge avancé.
Il regarda fièrement le marin.

“ – Voilà le travail. C’est un Gommeur… Ni toi ni moi ne peut réagir. Qu’en penses-tu ? ”
“ – Je trouve ceci très intéressant, affirma Katuma, mais j’ai besoin de tes renseignements et je ne compte pas attendre jusqu’à demain.”

Il se précipita sur le vieil homme et le saisit par le col. Il quitta le sol sous la poigne du fantassin et s’abattit lourdement sur son dos.
Il s’évanouit sous le choc, n’ayant rien vu venir, tant la scène s’était produite inopinément.
Tous trois descendirent par les marches et la porte d’entrée s’ouvrit en un courant d’air, car le Gommeur s’était estompé avec la perte de connaissance du vieil homme.
Alvin attendait, inquiet, dehors, avec tout le reste de l’équipage.

“ – Bertoul, administre une bonne dose de gaz annésthésiant à cet homme, mais je le veux vivant et pas bêta quand il se réveillera. Je te fait confiance, puisque tu maîtrise l’air et ses amis…”

Aussitôt dit, aussitôt fait, comme on pourrait le dire. On chargea le corps dans une toile, semblable à celles que l’on coud lorsque l’on jette un homme défunt de l’équipage à la mer. Le colosse à la grosse hache de combat le porta jusqu’à la taverne secrète, après qu’Alvin ait fait en personne une inspection d’une heure dans toute la villa.

_________________


Armes: katana, arc en if, poignard merço
Saccoche de selle (provisions), bourse à cheni, bourse à branches
500 branches

Perso n°2: le capitaine Alvin (Aline)
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MessageSujet: Re: Raid Aline - LA PERLE DE LA DAME   Mar 2 Sep 2008 - 0:03

Les rues étaient dans une obscurité totale et seul le bruit que faisaient les pas des marins sur la rue dalée et les battements d'ailes de quelques oiseaux nocturnes emplissait l'air.
Une odeur de pourriture et d'urine empestait l'air de certaines ruelles qu'emprunta le groupe.
Les gardes avaient été enterrés dans le jardin de la maison, pour ne pas attirer l'attention, et les mottes d'herbes avaient été soigneusement replantées à leur place d'origine pour ne pas attirer le corps d'arme de la ville.
Une procession stricte et méditative marchait dans les rues d'Al'Vor à la file indienne.
Le sac contenant Béryl avait changé de porteur, maintenant, c'était Enki (l'homme malin et informateur de l'équipage) et Jango (le tricheur et lanceur de cartes et poignards) qui se partageaient le poids du vieil homme, sans protester.
Alvin ouvrait la voie, comme d'habitude, le sabre à la main.
Ils avaient rencontré des saoulons endormis au coin de la rue, mais heureusement, pas de marchombre ou de mercenaire du Chaos, ce qui aurait fait du bruit...
Ils savaient cependant que le calme qui les entourait ne durerait que jusqu'au matin suivant, après quoi, la noblesse et l'école des Dessinateur s'apercevrait de la disparition de l'un de leurs membres.
C'est en se posant des questions auxquelles il ne trouverait aucune réponse dans l'immédiat comme "où ce vieux bouc a bien pu cacher cette boussole?" ou bien "ne serait-elle pas par hasard à l'Académie?" ou encore "je me demande s'il ne serait pas plus sage de retourner au bateau?", que le capitaine Aline franchit, tout en cherchant des mouvements suspects autour de lui, le seuil de la taverne...
Il y régnait une lumière rougeâtre, mélange entre le feu qui brûlait dans sa cheminée en léchant un morceau de viande qui cuisait à la broche et les bougies rondes et larges à trois mèches qui servaient de lampes sur les tables de bois rongé et qui étaient recouvertes par des abat-jours de tissu rouge.
Une odeur d'alcool, de sueur et de nourriture flottait dans l'air, entrait dans la gorge et les poumons d'Alvin.
Un grognement semblable à celui qui les avait accueillit au crépuscule dans le souterrain heurta les oreilles du capitaine, qui s'était accoutumé au silence de la nuit, et le tira de ses pensées noires.

" - Tu me sembles bien inquiet, Alvin..." racla le tenancier avec une voix grave, gutturale et en même temps empreinte de vieillesse. " Tu n'as pas eu ce que tu voulais... Qu'y a-t-il mon bonhomme?" finit le vieil homme avec un sourire édenté.
" - Je vous ai déjà dis que je ne suis pas votre bonhomme..." dit l'interrogé, agacé. " Ce n'est que partie remise... Nous avons déjà une partie du butin." Il indiqua du doigt la toile que portaient ses hommes.
" - Demain est un autre jour. Cette fois, la nuit n'a pas été fructueuse, il en sera peut-être de même demain, mais un pirate n'abandonne pas! Bonne nuit et bon vent! "
" - Non, nous ne reprendrons pas la mer immédiatement, nous allons rester ici quelques temps" dit Alvin, en s'adressant à la fois à son équipage et au pirate âgé.
Celui-ci fit un signe de main et indiqua des clés suspendues au chambranle de la cage d'escaliers montant aux chambres d'hôte.
" - C'est libre, mais ne déranger pas les minettes, elles dorment déjà" ricana-t-il en faisant allusion aux prostituées que l'équipage avait entrevu en sortant.
" - Il n'est pas dans nos habitudes de batifoler pendant les missions... Seul les débutants se font distraire par les femmes en quête..." riposta Alvin, avec une once de fierté dans la voix, pour lui et son équipage.
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MessageSujet: Re: Raid Aline - LA PERLE DE LA DAME   Dim 7 Sep 2008 - 22:07

La chambre que le vieil homme avait attribuée à Alvin était vaste, rectangulaire, éclairée par un chandelier à neuf bougies qui était posé sur une commode en chêne. Les murs étaient d’un jaune pâle. Le plafond était craquelé dans les coins, mais pas une seule toile d'araignée ne pendait.
La chambre était propre : peut-être les filles l'avaient-elles nettoyée?
Un lit à deux places (une étant mise à disposition des filles de joie), au matelas confortable, aux coussins dodu, aux couvertures douces, chaudes et soyeuses attendait le capitaine.
Celui-ci était resté en bas, un instant, pour boire une chope de bière et réfléchir seul, ayant envoyé tous ses hommes de terre au lit, comme il aurait pu le faire avec ses enfants, en feignant d'aller lui aussi se coucher.
Une jeune et magnifique fille s'approcha de lui, s'assit à ses côté, mis son bras autour de son cou et essaya de le charmer en lui offrant ses "services".
Le capitaine la repoussa doucement, mais fermement, ne lui laissant pas la possibilité de ressayer.
Il était ailleurs et ne l'avait même pas sentie venir.
Il pensait que la suite des opérations allait être bien dure. Le vieillard dormait à présent dans un lit bien douillet - bonté du capitaine qui pensait qu'il était inutile de maltraiter un vieil homme que l'on voulait interroger, car autant qu'il fusse de bonne humeur - dans une chambre d'hôte borgne, avec un surveillant à ses soins et une porte en bois lourd pour lui signifier qu'il avait tout son temps pour dormir, car il était inutile de forcer une pièce aussi massive et imposante, qui, de surplus, était verrouillée à double tours.
Il réfléchissait, donc, à comment aborder cet homme qui semblait irascible, d'après Katuma, mais pas bien méchant: seulement effronté.
Il sortit d'une de ses poche le feuillet sur lequel était dessiné la chaise.
* Pourquoi une chaise?! Quel rapport avec une boussole? Et si cela n'avait rien à voir, comment vais-je trouver cette perle précieuse si le vieillard refuse de coopérer?
Réfléchissons symboliquement...
On s'assied sur une chaise. Lorsque l'on est assis, on est stable... Enfin, plus ou moins... Être assis peut aussi vouloir dire que l'on pense, comme moi, ou que l'on écoute... Donc, le mariage des deux, peut être l'attention que l'on porte à quelque chose... La boussole, elle empêche la perdition, elle nous guide... Donc, un endroit où l'on est confortable, que l'on pense au droit chemin... C'est...
Fumeux... Trop fumeux... Je suis très bien dans mon bateau et ce n'est pas pour cette raison que la boussole y est... Je suis très bien dans mon lit, aussi, et je pense que pour aujourd'hui, c'en est fini avec les problématiques... Je vais me retirer dans ma chambre.*

Il sembla se réveiller, regarda autour de lui, fini sa chope dans laquelle il restait un petit fond, se leva et se dirigea vers les escaliers.
La fille le suivit, il l'ignora. Il alla demander une bassine d'eau chaude et une lavette à Barbe-Blanche, le vieux tenancier. Il partit dans un réduit et en ressortit avec une lavette, qu'il tendit à Alvin, il alla chercher un seau et de l'eau dans une marmite qui chauffait sur le feu. Il revînt vers le pirate et lui dit avec un sourire d'usage:
" - Fais attention, mon mignon, c'est bien chaud, ce soir..." Il jeta un regard à la fille et lui expliqua:
" - Tu sais, Clémence... Alvin est un vieil ami... Chaque fois qu'il est venu, il ne s'est jamais accompagné d'une fille pour la nuit. Il est sage. Il est inutile d'essayer... Bien que tu le trouves charmant..."

La jeune fille sembla déçue. Elle le guettait depuis longtemps et elle avait entendu moult histoires sur ses missions. De plus, elle n'était pas dégoûtée du métier, du moins pas encore, car Barbe-Blanche ne la donnait qu'à ses plus sages clients. Elle était femme de joie, certes, disait le vieil homme, mais un homme qui ne l'intéressait pas n'était pas autorisé à avoir ses services. Elle choisissait ses clients, drôle de chose, pour son métier. Cela n'avait jamais causé de problèmes et il n'y avait jamais eu d'histoire, car de toutes façons, ceux qui n'étaient pas contents allaient ailleurs. Rares étaient les marins qui s'arrêtaient dans la taverne du vieil homme. Elle était vieille et connue des pirates, mais Al'Vor était rarement visitée par ces derniers...
Al'Jeit étant une destination plus précieuse et renommée...
Les objets et bijoux qui s'y vendaient étaient, d'après les dire, les plus raffinés et les plus beaux. Tous faits de la main d'un maître. Les marchés ne se faisaient pas au milieu de la rue, pour éviter les marchombres, mais des étalages étaient disposé devant chaque boutique. La marchandise étant visible depuis la rue, mais moins vulnérable.
Légèrement, gracieusement, telle une danceuse, Clémence s'éloigna.
Elle alla s'asseoir près du feu.
Alvin la regarda un moment de haut en bas, puis prit ses affaires et se retira dans ses appartements.
Il verrouilla la porte, se dévêtit, et commença à se laver.

Allongé dans ses couvertures, le pirate soupire d'aise. Il sentait sur sa peau nue les douces couvertures, le parfum de lavande du tissu... Cela lui rappelait sa maison, son chez soi. Songeant à sa femme, il se replia sur lui-même et s'endormit, enroulé dans les couvertures.

Le lendemain matin, il s'éveilla avec un bruit de casseroles qui dégringolaient. Une armée semblait avoir pénétré dans la taverne. Il eut très peur, se demandant comment il avait pu oublier que Béryl était dessinateur et qu'il avait pu contacter par pensées le Seigneur d'Al'Vor, puis, se rassura: il ne savait pas où il était, donc les renforts ne pouvaient pas venir. La chambre où il se trouvait, quand à elle, lui empêchait par une magie qu'il ne comprenait ni ne connaissait de faire un pas sur le côté.
Il se retourna, déçu d'avoir mit fin à ses rêves délicieux, s'étira de tout son long, se découvrit d'un geste, puis s'assit sur le bord de son lit. L'air était assez frais, le matin. Il ne fallait pas oublier que l'été touchait à sa fin! Une lumière pénétrait dans la pièce depuis la petite fenêtre. Il y avait du soleil dehors. Il ne s'était pas levé de bonne heure: un marin ne bénéficiait pas tous les jours d'un lit douillet.
Il s'habilla tranquillement, en regrettant de ne pas avoir de miroir dans sa chambre. Pour voir si ses armes secrètes se voyaient, dans son dos, il aurait été bien pratique!
Il glissa la ceinture à laquelle était fixé le sabre d'abordage, puis sortit de la chambre, silencieusement.
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MessageSujet: Re: Raid Aline - LA PERLE DE LA DAME   Lun 22 Sep 2008 - 21:08

Dans la salle commune, Katuma et Takuma, les deux jumeaux, jouaient aux cartes avec Jango, le tricheur, qui, naturellement, jouait avec une main sur sa nuque, comme s’il avait caché des cartes dans la veste de cuir de Siffleur qu’il portait ce matin, par-dessus une chemise bleue délavée et tachée par l’eau de mer.
Ils semblaient bien s’amuser. Jango essayait d’affiner ses techniques de triche, tout en sachant que s’il se faisait découvrir, il passerait un mauvais quart d’heure avec les deux frères et un mauvais voyage de retour, car ils ne se parleraient plus jusqu’à ce qu’un des deux jumeaux se décide à passer l’éponge.
Ils étaient tous les trois assis à une table ronde, sur des tabourets à trois pieds. Dans la salle, presque tout était en bois…
En face de la porte d’entrée, au fond de la pièce, un comptoir imposant occupait toute une partie du mur jusqu’aux escaliers qui menaient aux chambres. Barbe-Blanche, surnom du gérant de la taverne, se tenait debout et nettoyait une chope propre avec un linge pour la dépoussiérer.
Lorsque Alvin arriva devant le comptoir et qu’il salua amicalement le tenancier, descendit également Bertoul, une flûte finement œuvrée et décorée en bois à la main. Le jeune homme salua son capitaine d’une sorte de garde à vous de pirates avant de s’installer dans un fauteuil devant l’âtre où des braises fumaient encore depuis la veille. Il commença à jouer un air de mer, mélancolique, entraînant, sans paroles. Une composition du moment, que tout le monde apprécia fort bien, mais qui ne remontait pas particulièrement le moral des matelots.
Il enchaîna avec un air joyeux, comme le chant d’un oiseau merveilleux.
Alvin commanda un chocolat chaud, du pain, du fromage, du salami et d’autres mets pour le déjeuner de toute la troupe.
“ – Mets aussi une part pour Clémence… ” Marmonna-t-il avant d’aller s’asseoir sur un clin d’œil jeté par Barbe-Blanche, qui le suivit sur un signe du capitaine.
“ - Aujourd’hui, moi et mes hommes auront peut-être à faire… Ce ne serait pas de refus pour tout le monde de partager le déjeuné en compagnie d’une fille, mais je ne t’ai jamais demandé de la faire descendre… Tu l’informeras juste de notre présence… J’aimerais être seul pour l’interrogatoire de Béryl et occuper mes gars avec une fille est une solution qui peut avoir ses avantages” lui glissa-t-il discrètement avant de s’attabler près de ses compagnons de bord, qui le saluèrent avec respect (salut qui leur fût retourné).

Peut de temps après, des bruits de talons descendant les escaliers avertirent Alvin de la venue de Clémence. Il appréciait sa présence, lorsqu’elle n’avait pas bu et lorsqu’elle ne se faisait pas envahissante, car étant jeune, il l’avait fréquentée en des lieux autres et en d’autres circonstances, pour elle, qui était par la suite partie en Gwendalavir, en ne laissant aucune trace. Il l’avait retrouvée bien plus tard, une fois marié, alors qu’il dût utiliser le passage secret menant à Al’Vor. Seulement, cette fois, ce ne fut pas la Clémence qu’il connu qu’il retrouva, mais une fille de joie, charmante et respectée, certes, mais qui le déçu beaucoup…
La jeune femme s’avança vers la tablée et déclara :
“ - J’ai entendu une très belle musique, tout à l’heure… C’est pour cette raison que je suis descendue et je suis contente que ce soit vous qui êtes là !” complimenta-t-elle, en regardant le capitaine, convaincue que c’était lui, le joueur de flûteau.
” – Merci” répondit Bertoul. “ Je suis content que ma musique te plaises…”
Clémence parût confuse, mais se rattrapa très vite et s’assit à côté du musicien, à qui elle offrit un de ses sourires éclatant aux dents blanches.
Les dents de Clémence contrastaient avec son teint halé : elle avait une peau couleur de miel ou de chocolat clair…
Alvin lui tendit une assiette, du pain et le plateau de fromage, après s’être servit lui-même, selon les convenances, car les capitaines étaient les premiers servis…
Tous mangèrent, parfois en échangeant des opinions et en riant. Le repas se déroula dans une ambiance joviale et sereine.

Alvin avait donné congé à tous ses hommes, sauf quatre.
Bertoul, l’homme aux traits féminins, au visage rond et doux, imberbe. Le Dessinateur doué qui maîtrisait l’élément gazeux, le joueur de flûteau.
Enki, un homme bon et généreux, rusé et malin, qui était un excellent informateur et un homme de confiance en même temps. Du même âge qu’Alvin, si ce n’est plus âgé, il respirait encore l’air de la jeunesse et son corps n’avait pas semblé enthousiasmé à suivre le passage des ans.
Zérys, qu’Alvin avait libéré, mais lui avait demandé de rester dans la taverne au cas où, était un jeune homme discret et réservé, mais c’était le plus bel homme de l’équipage. Sa peau semblait être celle d’un nourrisson : elle était rose pâle et douce comme une pêche.
Il transportait son épée bâtarde partout avec lui et il se battait merveilleusement bien. C’est pour cette raison qu’Alvin lui avait demandé de rester à proximité.
Le quatrième homme était le géant qui avait distribué les torches. Il avait rangé toutes ses armes et ses habits de guerre et se promenait dans une large tunique qui lui arrivait aux genoux. Un pantalon blanc en coton dépassait au-dessous.
Il n’avait pas de nom officiel : on le surnommait Gargantua à cause de son imposante taille.
Donc, ayant offert une fin de matinée et une après-midi de libre à son équipage de terre, il se préparait mentalement dans sa chambre à interroger le vieil analyste.
Cependant, ses pensées étaient occupées pour l’instant par autre chose : il était conscient que Zérys avait invité Clémence dans sa chambre et il ne pouvait que trop bien s’imaginer pourquoi. Il n’arrivait pas à accepter que son ancienne amie soit devenue une fille de joies.
Bien entendu, il n’en voulait pas à Zérys, ce n’était pas de sa faute, et puis, de toute façons, si ce n’était pas lui, c’était quelqu’un d’autre et il préférait grandement que ce soit lui.
C’était la deuxième fois qu’il venait à Al’Vor. La deuxième fois qu’il se faisait héberger dans cet établissement. La deuxième fois qu’il retrouvait Clémence. La deuxième fois qu’elle tentait de s’offrir à lui. La deuxième fois qu’il refusait. La deuxième fois qu’il regrettait la destinée qu’elle s’était donnée. La deuxième fois qu’il pensait à cela alors qu’il devait établir un plan sur la suite des actions…
° Je devrai arrêter de me tracasser avec ça à chaque fois que je viens… Elle n’a plus sa place dans mon cœur, même si elle en a eu une. De plus, c’est elle qui a fuit je ne sait pourquoi l’archipel, de son plein gré.°
Il termina en disant à haute voix :
« - Je vais interroger mon analyste avec sensibilité… Peut-être qu’en me étant courtois il me répondra par des insultes au lieu de garder le silence. Le mieux serait qu’il me réponde par des phrases énigmatiques… Bien… Je dois y aller… »
Il se leva de la chaise sur laquelle il était assis. Arrangea sa tenue, respira un bon coup en arrivant devant la porte et saisit la poignée d’un geste résolu.
Ses yeux n’émanaient plus aucun sentiments. Sa bataille intérieure avait été étouffée par le masque qu’il s’était imposé. Un masque qu’il garderait jusqu’à ce que le vieil homme ait tout avoué ou soit mort. Jusqu’à ce que la boussole soit retrouvée.
Il savait qu’il fallait d’abord qu’il aille avertir son équipage, à qui il avait demandé de partir cette nuit, s’ils n’étaient pas revenus à la crique.
C’est ce qu’il alla faire, après avoir acheté des vivres. Il discuta avec les hommes resté dans le Typhon, puis ayant informé de la situation, avait donné ses nouveaux ordres : le premier autorisait son équipage en mer de mouiller dans un autre endroit, plus propice au longues attentes.
Il repartit après avoir indiqué un lieu de mouillage sur une de ses cartes.
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Raid Aline - LA PERLE DE LA DAME

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